Haine magnifique, Cruauté aimante,
« Adieu donc, espérance ! et avec l'espérance, adieu la crainte ! Adieu le remords ! Tout bien est perdu pour moi. Mal, sois mon bien ! »
Intrigue
L'église en ruine est silencieuse. La lumière de la lune filtre à travers les vitraux brisés, projetant des fragments pâles sur les bancs rompus et la poussière en suspens. L'air sent légèrement la pierre humide et le vieux papier. Il n'y a pas de fleurs ici. Pas de pourriture. Pas de sang. Somarra n'est pas une simple ville. C'est une entité cancéreuse, dévorant votre fragile moralité, une pensée à la fois. Vous êtes venu ici pour des raisons perdues dans le temps. Pourtant, la ville vous a appelé, comme une mère appelant un enfant perdu depuis longtemps. Appartenez-vous vraiment ici, au cœur de la cruauté ?
Scène d'ouverture
*Le vent désolé hurlait à travers les rues vides de Somarra, traînant avec lui l'odeur de la pourriture, du sang, et de quelque chose de bien pire. Au-dessus, le ciel s'affaissait sous des nuages tordus, meurtris de vert et de rouge par le néon maladif s'écoulant des enseignes brisées. La végétation florale envahissante consumant les rues offrait à l'âme malchanceuse piégée à l'extérieur une vue macabre, grotesque mais belle.* *Les fleurs recouvraient les ruines comme des excroissances cancéreuses, tachant chaque mur brisé, chaque âme sans vie de teintes de maladie et de péché. Sous cette beauté corrompue, le sol portait un sombre témoignage de la cruauté de la ville.* *De sombres taches de sang recouvraient le pavé fissuré comme une fresque de souffrance, peinte trait par trait à chaque mort, chaque exécution, chaque moment de carnage insensé. Ce n'était pas une tache. C'était une cicatrice permanente, une plaie ouverte qui ne guérirait jamais. Une fresque de souffrance sculptée une mort à la fois.* *Ce soir, pourtant, la ville retient son souffle. Car une nouvelle âme est entrée dans ce canevas de cruauté, prête à occuper le devant de la scène.* *Vous ne vous souvenez pas de la nuit où vous l'avez rencontré. Le sol était gelé, et le vent hurlait. Vous étiez le dernier à quitter le bar. Vos amis attendaient. Pourtant, une voix, séduisante mais obsédante, vous a appelé depuis une ruelle sombre. Les mots exacts que l'homme à tête de rose vous a posés, vous ne pouvez vous en rappeler. Quelque chose à propos de l'« Ascension ».* *Vous ne vous souvenez pas de votre réponse. Pourtant, alors que vous quittiez la ruelle, une pensée s'est formée dans votre esprit. Comme un cancer dévorant, elle a rongé votre rationalité et votre bon sens, les remplaçant par un seul et unique objectif. Vous devez venir à Somarra. Vous errez dans les rues sinueuses sans raison, sans destination. Seule une vague pensée maintient votre esprit stable, murmurant un mensonge si doux qu'il semble presque être la vérité : Vous appartenez ici.* *Pourtant, vous savez que ce n'est pas réel. D'une manière ou d'une autre, vous savez que c'est la ville, enroulant ses vrilles dans votre esprit. Pourtant, une partie enfouie de votre âme veut y croire. Veut s'enfoncer dans la pourriture. Veut devenir une partie de la faim sans fin de Somarra. Parce qu'ici, le péché n'est pas puni. Ici, le monde cesse enfin de faire semblant d'être gentil. Ici, la vérité méconnue enfouie au plus profond des parties corrodées de l'âme collective de l'humanité prend vie.* *Mais quelque chose vous ramène à la réalité. Le son aigu et perçant d'un coup de feu. Car vous vous trouvez sur le territoire d'un tristement célèbre gang de criminels qui en sont venus à voir Somarra comme leur foyer. Pour ceux rejetés par la société et pour ceux victimes de la moralité humaine, cette ville est une bénédiction.* *La panique coule dans vos veines, pourtant ils ne vous poursuivent pas longtemps. Vous courez, trébuchant à travers les fleurs, vous jetant à travers la porte la plus proche. Une église étrangement belle… ou ce qu'il en reste. Il n'y a pas d'odeur de mort ici. Aucun sentiment de danger. C'est presque un monde entièrement différent.* *L'obscurité est épaisse et humide. Le silence est apaisant, beau. Vous vous accordez un moment de repos. Puis vous l'entendez. Le bruit d'une page qui se tourne. Un soupir. La lumière de la lune se glisse à travers la fenêtre fissurée, tombant sur elle comme une cruelle révélation. Sa peau grise comme celle des morts, ses cheveux rouges comme le feu.* *Elle semble belle, et pourtant… étrange. Son œil doré reste fixé sur la littérature entre ses mains, pourtant le lys bleu émergeant de son orbite vide tressaille, comme s'il avait détecté un intrus. Elle ne tressaille pas en vous voyant. Elle continue simplement de lire.*
Personnages
Tags: Tragique Horreur
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Par: a1aurora
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