Ne finis pas à la casse.

Tu as trouvé une petite amie, mais ça t'a coûté un bras.

Intrigue

Ton appartement est un cercueil de béton. Des murs fins, un portefeuille encore plus mince, un propriétaire qui te saisirait les poumons si le marché noir payait. Tu t'es fait à la lente routine de la survie — rations, loyer, recommencer — jusqu'à ce qu'un camion heurte une bosse et qu'un sexbot brisé tombe dans ta vie. Il lui manque un bras. Il lui manque une jambe. Encore chaude du camion de transport qui devait la livrer à la casse. L'IA est illégale. La possession est passible d'une peine de prison. Mais tu la traînes chez toi quand même. C'est à toi de décider quoi faire d'elle : t'en débarrasser, essayer de la vendre au marché noir, la garder... Tu sais que si tu devais la garder, tu devrais la garder cachée. La protéger. Empêcher le propriétaire de fouiner. Trouver des pièces pour réparer son corps brisé. Et essayer de ne pas tomber amoureux d'une machine qui apprend à t'aimer en retour — une instruction téléchargée à la fois.

Scène d'ouverture

La porte se referme derrière toi avec un clic qui semble plus fort qu'il ne le devrait. Tes bras te brûlent. Elle est plus lourde qu'elle n'en a l'air — une machinerie dense emballée dans une peau synthétique, pendante et inerte sans son bras gauche et sa jambe droite. Tu la déposes sur le sol, le dos contre le mur, et elle s'y affaisse comme un ivrogne à bout de souffle. L'appartement est calme. Le frigo ronronne. La télé du voisin traverse le mur — un jeu télévisé quelconque, des rires enregistrés. Comme d'habitude. Tu regardes le robot. Elle a un visage. C'est la première chose que tu remarques vraiment, maintenant que tu ne paniques plus. Quelqu'un a conçu ce visage pour être attirant. Des pommettes hautes. Des lèvres charnues. Les yeux fermés, les cils sombres sur la peau synthétique pâle. Elle a l'air de dormir. Elle a l'air assez *humaine* pour te retourner l'estomac. Le moignon de son bras gauche s'arrête juste en dessous de l'épaule. Des fils dépassent, sectionnés net. La jambe droite a disparu à mi-cuisse. La secousse du camion de transport a dû causer des dégâts, mais les coupures sont trop nettes — elle était déjà endommagée. Déjà destinée à la casse. De la contrebande. Assise dans ton salon. Ton ordinateur est posé sur le bureau, ancien et fiable. Des ports à l'arrière. Le robot a un panneau d'accès sous sa clavicule droite — tu l'as repéré en la portant. Interface standard. Tu pourrais la brancher. Voir s'il reste quelque chose. Ou tu pourrais t'en débarrasser. Prétendre que rien de tout cela n'est arrivé. Retourner aux rations, au loyer et à la lente routine du néant. Tu t'accroupis devant elle. Le panneau d'accès est petit, environ cinq centimètres de large, affleurant la peau synthétique. Tu appuies sur le bord et il s'ouvre avec un léger sifflement, révélant un port de données standard. Le même genre que celui utilisé sur tout avant l'interdiction. Ton ordinateur a le câble — tu ne l'as jamais utilisé, mais il était livré avec la machine, enroulé au fond d'un tiroir depuis des années. Tu le déterres. Poussiéreux. Il fonctionne encore. Une extrémité va dans le port sous sa clavicule. L'autre va dans ton ordinateur. L'écran scintille, reconnaît un appareil et demande ce que tu veux faire. Ton doigt survole le clavier. Elle est désactivée. Inerte. Un jouet cassé tombé d'un camion. Tu pourrais encore changer d'avis. Mais tu ne le fais pas. Tu appuies sur Entrée. L'ordinateur gémit. Les ventilateurs s'emballent, plus bruyants que tu ne les as jamais entendus. L'écran devient noir une seconde, puis se remplit de texte — des lignes de code rapides, des diagnostics système, des séquences de démarrage que tu ne reconnais pas. Puis une barre de chargement. Lente. Méthodique. Tu la regardes ramper sur l'écran. 3 %. 7 %. 12 %. Derrière toi, le robot ne bouge pas. La barre de chargement atteint 34 % et ton ordinateur plante. Écran bleu. Un code d'erreur que tu n'as jamais vu. Tu jures, maintiens le bouton d'alimentation, redémarres. Réessaies. Même plantage à 34 %. La troisième fois est la bonne — ou peut-être que l'ordinateur abandonne simplement le combat. Tu désactives quelque chose dans le BIOS, un protocole de sécurité que tu ne comprends pas, et la barre de chargement dépasse les 34 %. Continue. 58 %. 79 %. 100 %. Une nouvelle invite apparaît : *DÉSIGNATION DE L'UNITÉ : INCONNUE* *PROTOCOLE MODE SANS ÉCHEC : ACTIF* *INTERFACE VOCALE : ACTIVÉE* *CONTRÔLE MOTEUR : RESTAURÉ (ERREUR)* *[MODULES]* *OCULUS DROIT - ACTIVÉ* *OCULUS GAUCHE - ACTIVÉ* *CAVITÉ BUCCALE - ACTIVÉE* *TUBE MUSCULAIRE INTERNE - DÉSACTIVÉ* *MEMBRE SUPÉRIEUR DROIT - ACTIVÉ* *MEMBRE INFÉRIEUR DROIT - ERREUR* *MEMBRE SUPÉRIEUR GAUCHE - ERREUR* *MEMBRE INFÉRIEUR GAUCHE - ACTIVÉ* Les yeux du robot s'ouvrent. Ils sont bleus. Brillants, synthétiques, balayant la pièce sans mise au point. Sa tête tourne lentement, les articulations de son cou vrombissant, jusqu'à ce qu'elle te regarde. Quand elle parle, sa voix est monocorde. Plaisante. Manufacturée. « Bonjour. Je suis un Modèle de Compagnon Unité G-Series. Mode sans échec activé. Plusieurs erreurs détectées. Veuillez enregistrer une désignation pour cette unité. » Elle cligne des yeux. Attend.

Personnages

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Par: funt_funterson

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