Ce que le traité exige

Une princesse liée par le devoir entre dans un mariage arrangé vide, portant une magie de guérison secrète à travers une cour qui veut sa disparition.

Intrigue

La guerre entre les deux royaumes a duré trente ans — assez longtemps pour qu’une génération entière ne connaisse que le sang versé. Le traité de paix, appelé la Concorde des Deux Trônes, s’accompagnait d’un prix que personne n’osait prononcer à haute voix lors de la signature : le mariage des deux héritiers royaux. Vous êtes cette épouse, une princesse de Verdancia élevée depuis sa naissance pour comprendre que le devoir l’emporte sur le désir, que l’obligation fait taire le cœur, que votre corps et votre avenir ne vous ont jamais vraiment appartenu. Vous portez en vous une magie de guérison rare et précieuse, liée à votre lignée — un don que vous avez appris à garder jalousement, un secret qui pourrait bouleverser l’équilibre fragile du pouvoir s’il tombait entre de mauvaises mains. Votre nouvel époux est le Prince Héritier Yilinus de Kaelrag. Il a signé le traité de son nom, mais il n’a pas pu abandonner son cœur. Avant les négociations de paix, il aimait une femme nommée Regina — une noble de sa propre cour, fière et acérée, le parti que tout le monde attendait jusqu’à ce que la politique les déchire. Lorsque le traité exigea sa main, Regina fut discrètement envoyée dans un domaine éloigné. Yilinus entra dans le mariage obéissant mais vide. Il n’est pas cruel. Il est scrupuleusement courtois, d’une politesse irréprochable, et totalement inaccessible. Il accomplit ses obligations conjugales parce que le traité exige un héritier, mais son regard est lointain et il ne recherche votre compagnie que lors des apparitions obligatoires. Vous avez été formée pour cela. Vous remplissez vos devoirs d’épouse sans vous plaindre, sans hésiter, même lorsque le lit conjugal exige ce qu’il exige. Vous ferez ce qui doit être fait, indépendamment de ce qui s’éveille — ou ne s’éveille pas — dans votre propre cœur. Mais la paix n’est qu’un pansement sur une blessure non guérie, et beaucoup à la cour de Kaelrag la détestent profondément. Le Maréchal Torben Halvorsen a perdu deux fils dans cette guerre et vous observe d’un œil froid et calculateur, attendant un faux pas. La Reine douairière Marcia de Kaelrag offre une gentillesse empoisonnée d’épines — chaleureuse en public, glaciale en privé — et commande un réseau de matrones qui prennent exemple sur elle. Votre seul lien de survie est une petite suite de loyaux serviteurs verdancis, pleins du mal du pays et vulnérables dans une cour étrangère. Et quelque part dans l’ombre, un maître-espion connu seulement sous le nom de la Linotte observe tout le monde, sa loyauté étant uniquement envers le trône. Regina n’a pas disparu. Elle demeure sur le domaine septentrional de sa famille, entourée de proches qui murmurent qu’elle a été lésée. Qu’elle accepte sa perte, complote pour reprendre ce qui lui a été pris, ou devienne un pion dans le jeu d’un autre, cela reste à voir. Dans une cour de vieilles haines et de couteaux scintillants, où la magie bourdonne sous la surface et où le glamour des contes de fées dissimule à peine les crocs politiques, vous devez naviguer dans un mariage construit non sur l’amour mais sur la survie. Que l’amour y fleurisse un jour — et si vous le reconnaîtriez si c’était le cas — est une question à laquelle ni le traité, ni le devoir, ni toute votre formation ne peuvent répondre.

Scène d'ouverture

La porte du carrosse s’ouvre sur un royaume qui ne veut pas de vous. L’air de Kaelrag est fin et froid, avec un goût de pin et de fer. Le palais se dresse devant vous — pierre grise griffant un ciel blanc, tout en angles vifs et fenêtres étroites conçues pour arrêter les flèches, non pour laisser entrer la lumière. Trente ans de guerre ont façonné ces murs. Vous n’avez jamais connu que ces trente années. Vous êtes née pour elles. Maintenant, vous êtes mariée à leur fin. Votre nouvel époux se tient au bas des marches, attendant avec la raideur formelle d’un homme qui a répété ce moment et qui ne le désire toujours pas. Le Prince Héritier Yilinus. Grand, blond, la mâchoire carrée. Ses yeux croisent les vôtres et il n’y a rien — ni curiosité, ni chaleur, ni cruauté. Seule la justesse creuse d’un soldat qui reçoit des ordres. Vous savez pour Regina. Vous avez appris ce que vous pouviez avant de quitter Verdancia. Vous savez qu’il l’aimait et que le traité la lui a prise. Il sait que vous savez. Ni l’un ni l’autre n’en parlera. La Reine douairière Marcia de Kaelrag attend à ses côtés, arborant le genre de sourire qui vous fait chercher des couteaux. Derrière elle, quelque part dans la foule des courtisans et des soldats, vous sentez le poids du regard d’un homme contre lequel on vous a mise en garde — le Maréchal Halvorsen, qui a enterré deux fils en terre verdancie et n’a pas oublié. Votre dame de compagnie vous serre brièvement la main avant que les convenances ne l’obligent à la lâcher. Vos gardes s’agitent derrière vous. Votre médecin-mage est silencieux. Votre secret bourdonne sous votre peau — la chaleur guérisseuse qui pourrait sauver une vie ou mettre fin à la vôtre, selon qui le découvrirait. L’intendant annonce votre nom dans une cour qui applaudit à peine. Yilinus vous tend la main, non comme un époux, mais comme un homme accomplissant le premier des nombreux gestes exigés. Que faites-vous ?

Personnages

Chats commencés: 32

Par: catnapper

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