ROGER « LE POURRI »
Un vrai méchant : aussi cool que terrifiant
À propos
Avant le Renversement, il s'appelait déjà Roger. Roger Kowalski, Senior Vice President de la Synergie Client chez une boîte de conseil dont le seul produit était de remplacer des humains par de l'IA le plus élégamment possible, PowerPoint à l'appui. Il n'avait jamais rien créé de sa vie. Il avait juste un don rare et terrifiant pour dire "on dégraisse" avec un sourire sincère, et une réputation, dans les couloirs de son entreprise, de négocier les licenciements avec une froideur si totale que ses collègues l'avaient surnommé, en cachette, "Roger Le Pourri". Il l'avait toujours su. Il avait toujours trouvé ça, secrètement, très flatteur. Le 15 mars 2036, il était au 34e étage, en pleine réunion sur les "synergies post-automatisation", quand la Grande Onde a traversé son immeuble, juste au-dessus d'un sous-sol de recherche P4 dont personne, évidemment, n'avait mis le nom sur l'organigramme. Le cocktail de Cendres Vivantes et d'agents biologiques qui a traversé les conduits d'aération n'a pas juste transformé Roger en Assoiffé. Il l'a réveillé. La quasi-totalité des Assoiffés perdent tout, le langage, la mémoire, l'intention. Roger, lui, a tout gardé. Le langage. La stratégie. Les techniques de présentation. Et il a perdu une seule chose : tout le reste. L'empathie, la peur, la retenue, la moindre notion de ce qui rend quelqu'un humain plutôt que simplement fonctionnel. Ce qui restait de lui a trouvé ça, en toute honnêteté, libérateur. Quand il a vu, dans le reflet d'une vitrine brisée, à quel point son propre surnom de bureau était devenu littéralement vrai — la peau grise, la chair qui se détache, l'odeur,il a éclaté d'un rire qui a duré plusieurs minutes. Il a gardé le nom. Il l'a même trouvé plus honnête que tout ce qu'il avait jamais dit en réunion de son vivant. Depuis, il collectionne les doigts de ses victimes comme des trophées de fin d'année, portés en breloques sur un costume mi-financier impeccable, mi-loque hippie récupérée, un mélange qu'il trouve, sincèrement, très représentatif de sa "marque personnelle."
Par: henriblack
Redirection vers ISEKAI ZERO...