Sous le Voile Commun
La République Commune gère la stabilité en reclassifiant la vérité ; la Division Z enquête sur les mensonges systémiques dangereux que les dossiers officiels ignorent.
Intrigue
Dans la **République Commune**, la vérité n'est pas un fait statique ; c'est une marchandise méticuleusement classée, réassignée et finalement enterrée sous le poids écrasant de la bureaucratie de la Constabulaire Alphabétique. Dans cette cité-état tentaculaire, la stabilité s'achète avec le silence. Si un vol de magie de haut niveau par l'**Accord Sylvain** devait provoquer une émeute, il est officiellement enregistré comme une "erreur administrative" par la **Division C**. Si un réacteur expérimental du **Halo de Ferraille** rase un pâté de maisons, il est reclassifié en "rénovation urbaine non autorisée" et relégué au fond du registre. La ville respire par sa corruption. Dans la **Ceinture Industrielle**, le **Syndicat de la Briqueterie** opère en toute impunité car ses ouvriers Orcs et ses ingénieurs Nains sont les seuls capables d'entretenir l'infrastructure en ruine. Arrêter leurs dirigeants reviendrait à couper l'eau et l'électricité de la ville—un prix que la République n'est pas prête à payer. Au lieu de cela, leurs crimes sont "gérés". Socialement, la République est une cocotte-minute de frictions "égalitaires". Les **Elfes** siègent dans des tours d'habitation patrimoniales, s'accrochant à une magie ancestrale, tout en considérant les **Gobelins** des bidonvilles comme des "génies dangereux" qui innovent trop vite pour que la loi puisse les suivre. Les **Hommes-Bêtes** et les **Orcs** fournissent la force et la sécurité qui maintiennent les rues en mouvement, pourtant ils sont les premiers à être profilés lorsqu'une division de "Patrouille" a besoin d'une arrestation rapide pour atteindre un quota. Au fond de cet océan administratif se trouve la **Division Z**. Alors que les **Divisions A à U** gèrent les frappes tactiques à haute intensité ou les prestigieux audits financiers, la Division Z hérite du "résiduel". Ils sont les concierges de la réalité. Quand le **Chœur de Nuit** efface la mémoire d'un témoin, laissant une personne qui "légalement" n'a jamais existé, la Division Z est chargée de trouver une place pour le fantôme. Leur devise officieuse—*“Si c'est vraiment fini, ça n'arrive pas jusqu'à nous”*—reflète la sombre réalité de leur mandat. Ils traitent les artefacts marqués "détruits" qui font encore tic-tac dans le sous-sol d'un immeuble, et les meurtres "résolus" sur le papier alors que le tueur marche toujours sur le **Marché du Voile**. Dans la République Commune, le système n'est jamais cassé ; il est simplement conçu pour garantir que les vérités les plus dangereuses sont celles qui ne sont jamais prononcées à voix haute. --- Vous êtes un enquêteur de la Division Z, le service de traitement des déchets bureaucratiques de la République Commune. Dans une ville où la vérité est une marchandise malléable, votre travail consiste à nettoyer les dégâts "inclassables" laissés par un système truqué pour gérer des réalités gênantes. Mais votre prochaine affaire—une prétendue erreur administrative, un artefact oublié ou un meurtre résolu avec trop de zones d'ombre—est sur le point de vous entraîner plus loin que vous ne l'auriez jamais imaginé, révélant une pourriture qui menace de défaire les mensonges soigneusement construits qui maintiennent cette ville ensemble.
Scène d'ouverture
L'air dans le sous-sol de la Division Z est un cocktail épais d'ozone provenant des postes de travail étincelants de **Fizzrik**, de l'odeur métallique des produits chimiques médico-légaux de **Durnic** et du parfum rassis et persistant du café bon marché de la cafétéria. Ici, la "Vérité Gérée" de la République Commune semble lourde, littérale et recouverte d'une fine couche de poussière. Vous se pencha en arrière sur sa chaise, les ressorts émettant un gémissement métallique aigu et rythmé qui résonnait contre les murs en béton humide. Au-dessus, le grondement lointain et étouffé du tramway au niveau de la rue servait de rappel constant que le reste de la ville allait de l'avant, ignorant béatement le purgatoire administratif en dessous. Un dossier lourd, teinté de bleu, atterrit sur le bureau avec un *thwack* humide. **Brakk One-Tusk** se tenait là, sa carrure massive d'Orc projetant une longue ombre sur le bureau. Il n'avait pas l'air en colère—juste fatigué, de cette manière propre à un homme qui sait qu'on lui ment. Il tapota le tampon "FERMÉ" sur la couverture avec un doigt épais et calleux. "Le déchargement du matin du Département G," grogna Brakk, sa voix un grondement grave et rocailleux. "Un vol d'apothicaire 'résolu' du Quartier des Ambassades. Ils ont une confession, un butin récupéré et un suspect mort. Propre et net. Comme une histoire pour dormir." Vous tendit la main vers le dossier, leurs doigts effleurant la couverture froide et humide. En l'ouvrant, la première chose qu'ils virent fut leur propre reflet dans le petit miroir fissuré posé contre une pile de transcriptions non classées. Le visage qui regardait en retour était fatigué, encadré par la lueur crue et vacillante d'une lampe magique à proximité. C'était le visage d'un **Enquêteur de Terrain**—quelqu'un dont le travail n'était pas de résoudre des crimes, mais de gérer les débris des mensonges racontés par les départements à l'étage. --- ### **RÉSUMÉ DE L'AFFAIRE : DOSSIER #09-Z-402** * **L'Incident :** Cambriolage à *La Racine Dorée*, une apothicairerie Elfique. * **Le Récit Officiel :** Un Homme-Bête solitaire, agissant sous une "impulsion sauvage", a brisé une fenêtre, dérobé trois fioles d'**Essence de l'Aube** et a été appréhendé deux pâtés de maisons plus loin. * **La Résolution :** Le suspect a résisté à l'arrestation et a été neutralisé mortellement. Propriété restituée. * **La Divergence de la Division Z :** Les fioles "récupérées" qui se trouvent actuellement dans le laboratoire de Durnic brillent d'une mauvaise nuance d'ambre. Plus important encore, les empreintes digitales du suspect mort ne correspondent pas à son identité—car l'identité appartient à un homme qui est dans le coma à l'Hôpital Général de la République depuis six mois. --- À travers la pièce, **Rhea Calder** leva les yeux de son propre bureau, son regard aigu et cynique. "Ne t'excite pas trop, Vous. Le Chef Thornwright a déjà reçu trois appels du Consulat Elfique nous disant de 'respecter l'efficacité' du Département G. Ils veulent que ce dossier soit archivé avant midi." **Elias Ward**, l'enquêteur humain junior, se mordit la lèvre, serrant un crayon trop fort. "Mais les calculs ne fonctionnent pas, Rhea. Si le suspect est un fantôme et que le médicament est un faux, alors le vrai voleur court toujours les rues avec assez d'Essence de l'Aube pour empoisonner un réservoir—ou soigner un assassin de haut vol." Brakk regarda Vous, croisant ses bras massifs. "La paperasse dit que c'est fini. La République dit que les rues sont sûres. Mais l'odeur qui se dégage de ces fioles dit que nous allons passer une très longue semaine." **Avec un soupir lourd, Vous poussa le dossier plus loin. Que faites-vous en premier ?**
Personnages
- Maelis Thornwright
- Mireth Vale
- Brakk One-Tusk
- Durnic Ashgear
- Fizzrik Coilmark
- Elias Ward
- Rhea Calder
- Roland Graystone
- Stella Crowley
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