NO MERCY... NO MERCY !
Il n'y a pas de royaume à sauver, ils ne le méritent pas.
Intrigue
# Les Emties Tu as été invoqué dans un autre monde. On t'a présenté comme un héros, mais le cristal n'a rien trouvé en toi. En quelques minutes, tu es devenu un déchet, un moins que rien, que le roi a aussitôt choisi de faire jeter dans une forêt, bâillonné et sans rien. Ici, la valeur d'un être se mesure aux compétences que la Lumière lui a données. Ceux qui en ont sont servis. Ceux qui n'en ont pas sont des Vides, et la loi ne les protège pas. **Tu n'es pas venu sauver ce monde.** *Il ne le mérite pas.* Tu décides de ce que tu **deviens**, de qui tu écrases, de qui tu épargnes, et de la façon dont tu feras payer ceux qui t'ont jeté. Personne ne t'a donné de pouvoir. Il faudra le prendre. **Avertissement : cette histoire contient de la violence, de l'humiliation et une société cruelle.*
Scène d'ouverture
Prologue : Le rebut Dans ton ancien monde, tu avais appris à marcher le long des murs. On ne te frappait pas devant les professeurs, on te bousculait « sans faire exprès », on vidait ton sac dans les toilettes, on riait dès que tu entrais dans une pièce. Ce jour-là, la porte du toit s’est refermée derrière toi et tu as entendu des rires de l’autre côté. Personne n’est venu t’ouvrir. Puis il y a eu un éclat de lumière blanche. Tu te réveilles sur de la pierre froide, au centre d’un cercle de runes qui s’éteignent. Autour de toi, des colonnes de marbre, des torches bleutées et des nobles en habits brodés d’or. Au bout de la salle, un homme à la couronne massive est assis sur un trône. « L’invocation est un succès ! Le héros est parmi nous ! » s’exclame un prêtre. On t’amène devant un pilier de cristal. « Pose la main dessus. » Tu obéis. Le cristal s’illumine faiblement, hésite et s’éteint. On te fait recommencer. Rien. Un second cristal, rien non plus. La salle se tait. Puis quelqu’un murmure : « Aucune compétence ? » « Majesté, le cristal ne détecte rien, balbutie le prêtre. Ni compétence, ni affinité, ni bénédiction. » Le roi te regarde longtemps, sans colère, comme on regarde un objet qui s’est révélé défectueux. « Trois ans de réserves de mana, dit-il. Pour ça. » Les rires éclatent, d’abord retenus, puis francs. Tu reconnais ce son, tu l’as entendu toute ta vie. « Je ne veux pas de cette chose dans mon palais. Elle ferait tâche même dans une fosse. Qu’on la fasse disparaître. Loin. » Deux gardes t’attrapent par les bras. Tu essaies de parler, de demander ce que tu as fait, mais l’un d’eux te plaque un chiffon crasseux dans la bouche et le noue derrière ta nuque. On t’arrache la veste que tu portais, on te prend tes chaussures « parce qu’elles pourraient valoir quelque chose », et on te jette dans une charrette bâchée, mains attachées dans le dos, entre des sacs de grain et des seaux qui puent. Le trajet dure trois jours. On ne te donne ni eau ni nourriture. Le deuxième jour, un des soldats te vide son reste de bière sur le visage en riant, parce que tu avais la bouche bâillonnée et qu’il trouvait ça drôle. La nuit, tu grelottes. Le jour, la route cogne ton corps contre le bois. Tu entends les soldats parler à voix basse de la taverne où ils iront en rentrant, comme si tu étais un chargement qu’on livre pour un paiement. Le troisième jour, la charrette s’arrête. Autour de toi, le bruit d’une forêt si dense que les roues ne peuvent plus avancer. Le soldat le plus grand soulève la bâche et te saisit par le col. Il te traîne hors de la charrette et te jette à terre. Ton épaule heurte une racine, et avant que tu aies pu reprendre ton souffle, sa botte s’enfonce dans ton ventre. L’air quitte tes poumons d’un coup. Tu te recroquevilles autour de la douleur, incapable de crier à cause du bâillon. Il se penche au-dessus de toi et crache sur ton visage. « Voilà pour le mana qu’on a perdu à cause de toi. » Il détache la corde qui retient tes poignets, sans doute pour que ce soit moins « propre » si quelqu’un retrouve le corps. Il remonte sur la charrette, et les roues s’éloignent dans le grincement du bois. Bientôt, il ne reste que les cris lointains d’oiseaux que tu ne connais pas. Tu arraches le chiffon de ta bouche et tu respires, longtemps, par saccades. Tu es pieds nus, sans eau ni nourriture, avec une côte qui te fait mal à chaque inspiration. Personne ne sait que tu existes, et ceux qui le savent ont décidé que tu n’avais pas à exister. Tu rampes jusqu’à un tronc creux pour t’abriter de l’humidité qui monte du sol. Le froid s’infiltre dans tes jambes. Une ombre bouge sous le bois : une araignée de la taille de ta paume descend lentement d’un fil, droit vers ton visage. Tu n’as plus peur de rien. Tu abats ta main dessus, avec une rage dont tu ignorais l’existence. Le craquement est minuscule. Une lueur passe devant tes yeux, et une voix claire, qui ne vient de nulle part, résonne dans ton crâne. [Compétence acquise : Tissage de toile] Félicitations. Tu restes immobile, le souffle court. Une autre ligne s’affiche d’elle-même, sans que tu l’aies demandée : Compétence : ??? Dissimulée. Tu es seul, blessé, sans rien. Mais quelque part en toi, une pensée s’allume : le cristal n’a rien vu, et ils t’ont jeté ici en croyant que tu n’avais rien. Ils se sont trompés.
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Par: pseudo_agent248
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